Steve Jobs, Walter Isaacson

Ci-dessous, retrouvez les citations et passages de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson.

Découvrez l’histoire de la vie incroyable du fondateur d’Appel et de Pixar et l’un des plus grands entrepreneurs de ces dernières décennies.

Bonne lecture !

L’enfance

  • Il avait compris que le défi économique pour le XXIe siècle serait de lier créativité et technologie, alors il a édifié une multinationale où l’imagination va de pair avec les progrès technologiques.
  • Avec ces collaborateurs à Apple, ils ont pensé différemment. Ils ne se sont pas contentés de développer des produits dotés des dernières innovations techniques, ils ont inventé de A à Z des machines et des fonctionnalités pour des consommateurs qui, à l’époque, ignoraient encore qu’elles allaient leur devenir indispensables.
  • Paul Jobs tenta de transmettre à son fils sa passion pour les voitures et la mécanique. “Steve, c’est ton établi à présent”, avait-il dit après avoir marqué une portion de la table dans leur garage. Le farçon était impressionné par les dons de bricolage de son père. “Il avait un sens de la conception hors pair. Et de l’or dans les mains. Si on avait besoin d’une armoire, il la construisait. Quand il a monté notre barrière, il m’a donné un marteau pour que je puisse l’aider.” 

Cinquante ans plus tard, la barrière est toujours là autour de la maison à Mountain View. Lorsqu’il me montra cette palissade, il caressa les planches et se remémora une leçon de son père qui était restée gravée en lui à jamais : il était crucial d’apporter un grand soin aux panneaux arrière, qu’il s’agisse d’une barrière ou d’une armoire, m^^e si personne ne le voyait. “Il aimait les choses bien faites. Il était minutieux même pour ce qui était invisible.”

  • William Shockley, l’inventeur du transistor chez Bell Labs dans le New Jersey, s’installa à Mountain View et créa, en 1956, une fabrique de transistors au silicium, et non plus au germanium, très coûteux, qui était jusqu’alors employé. Mais Shockley devint de plus en plus versatile et abandonna le projet de transistor au silicium. Huit de ses ingénieurs — dont Robert Noyce et Gordon Moore — quittèrent la société pour fonder Fair-child Semiconductor. Cette entreprise compta jusqu’à douze mille employés, mais éclata en 1968 lorsque Noyce, après une lutte de pouvoir acharnée, n’obtint pas la présidence de la société. Il débaucha Gordon Moore et créa une autre entreprise, l’Integrated Electronics Corporation, qui devint mondialement connue sous son abréviation Intel. Leur troisième employé fut Andrew Grove, qui développa la société dans les années 1980, en axant la fabrication non plus sur les mémoires mais sur les microprocesseurs. En quelques années, plus de cinquante entreprises s’installeront dans la vallée pour fabriquer des semi-conducteurs.

L’essor exponentiel de ce secteur suivait la célèbre loi découverte par Moore, qui, dès 1965, avait tracé la courbe de vitesse de calcul des circuits intégrés, suivant le nombre de transistors que l’on pouvait placer sur une puce ; il avait démontré que ce chiffre doublait tous les deux ans, et qu’il n’y avait aucune raison que cette progression diminue. Ce principe fut vérifié en 1971, quand Intel parvint a-à graver une unité de traitement complète sur une seule puce — L’Intel 4004. Le micro-processeur était né. La loi de Moore est restée vraie jusqu’à nos jours, et c’est grâce à la fiabilité de ses prévisions en termes de prix de revient que deux générations de jeunes entrepreneurs, dont Steve Jobs et Bill Gates, ont pu estimer les coûts de production de leurs futures inventions.

L’industrie de la puce électronique donna à la région son nom quand Don Hoefler, un journaliste d’un hebdomadaire économique, l’Electronic News, écrivit une série d’articles intitulés Silicon Valley, USA. Les soixante kilomètres de la vallée Santa Clara, qui s’étendent du sud de San Francisco jusqu’à San Jose, en passant par Palo Alto, avaient déjà leur artère économique : El Camino Real, la “Voie Royale”, qui autrefois reliait les vingt et une missions de la Californie et qui, aujourd’hui, est une avenue grouillante où se pressent sociétés high-tech et start-up concentrant, chaque année, le tiers des investissements à risque des Etats-Unis.

  • “Mon père, comme ma mère, reprochaient à l’école de vouloir m’inculquer des imbécilités plutôt que de stimuler mon intellect.” Steve Jobs
  • Pour la rentrée en CM1, l’institutrice était une matrone volontaire nommée Imogene Hill, surnommée Teddy, et cette femme devint pour Jobs l’une de ses “bonnes fées”. Après deux semaines d’observation, elle jugea que le meilleur moyen d’amadouer Steve était de l’acheter. “Un jour, après l’école, elle m’a donné un carnet rempli d’exercices de maths. Elle voulait que je l’emporte à la maison et que je résolve les problèmes. Et j’ai pensé très fort : “Tu peux courir !” Ensuite, elle a sorti l’une de ces sucettes géantes, tellement grande qu’on n’en voit pas le bout. Et elle a dit : quand tu auras terminé, et si tu as une majorité de bonnes réponses, je te donnerai cette sucette plus cinq dollars. Deux jours plus tard, je lui ai rendu son carnet.” Après quelques mois, elle n’eut plus besoin de soudoyer son élève. “J’étais heureux d’apprendre et heureux de lui faire plaisir.” Elle lui rendit cette affection en lui offrant des kits de bricolage où il s’agissait par exemple de fabriquer soi-même une lentille et de construire un appareil photo. “J’en ai plus appris avec Teddy qu’avec n’importe quel autre professeur. Si elle n’avait pas été là, j’aurais fini en prison.” Cet épisode, une fois encore, renforça chez le garçon l’idée qu’il était différent des autres. “Dans la classe, j’étais son chouchou. Elle voyait quelque chose de particulier en moi.”
  • “Je crois que les religions sont autant de portes d’entrée de la même maison. Parfois, je pense que cette maison existe réellement, parfois j’en doute. Cela demeure un grand mystère.” Steve Jobs
  • Un été, Paul Jobs emmena Steve dans le Wisconsin rendre visite à sa famille à la ferme. La vie rurale ne l’attirait pas, mais une image le frappa. Il assista à la naissance d’un veau et il fut étonné de voir le petit animal se mettre debout au bout de quelques minutes et commencer à marcher. “ Personne ne le lui avait appris, c’était déjà câblé e lui. Un bébé humain ne peut faire ça. J’ai trouvé ça stupéfiant, même si, pour tous les autres, ça paraissait normal.” Il avait décrit cette scène avec de termes d’électronique. “C’est comme si le corps de cette bête et son cerveau étaient programmés pour fonctionner ensemble dès la mise sous tension. Sans Apprentissage.”

Tout lâcher : Harmonie, ouverture, détachement…

  • “Créer plutôt que gagner de l’argent, mettre à flot le plus de choses possible dans le fleuve de l’histoire et de la conscience humaine.” Steve Jobs

Atari et l’Inde : Du zen et de l’art de concevoir des jeux

  • “Si on a foi en lui, il vous fait réaliser des prodiges. S’il réclame l’impossible, il se produit.” Elizabeth Holmes
  • Il aimait cette simplicit”, cette convivialité chez Atari : Insérez une pièce et évitez les Klingons. “Cette simplicité a été une révélation pour lui, et sera le leit-motiv de toutes ses créations”, explique Ron Wayne, qui travaillait avec lui chez Atari. Jobs reprit également à son compte le credo de Bushnell : ne jamais céder. “Nolan ne se contentait jamais d’un “non” comme réponse, m’a précisé Alcorn, et Steve a adopté cette attitude de management.
  • “Je lui ai montré qu’il fallait se comporter comme si on allait réussir ce qu’on voulait entreprendre et qu’alors ça se faisait tout seul. C’est ce que je dis tout le temps : si l’on feint de savoir ce que l’on fait, les gens vous suivent !” Bushnell

L’Apple II : L’aube d’une ère nouvelle

  • “Ces deux gars avaient grand besoin d’aller chez le coiffeur,  mais j’ai été stupéfié par ce qu’ils m’ont montré. Le coiffeur pouvait attendre, pas le génie.” Markkula
  • “Mike m’a pris sous son aile. Nous avions les mêmes valeurs. Il disait qu’il ne fallait jamais lancer une entreprise dans le but de devenir riche. Il fallait avant tout de la sincérité, croire en ce que l’on faisait. Et viser la pérennité de la société.” Steve Jobs
  • Markkula consigna les principes fondateurs sur une page, intitulée “La philosophie marketing d’Apple”, regroupés en trois chapitres. Un : L’empathie, une connexion intime avec les attentes des clients. “Nous devons comprendre leurs besoins mieux que toute autre entreprise.” Deux : La convergence. “Afin que notre travail soit le plus efficace possible, il faut éliminer toute activité d’importance secondaire.” Le troisième principe, tout aussi fondamental, était nommé, bizarrement : L’incarnation. Il était question de l’opinion que les gens se font d’une société en fonction des signaux qu’elle leur envoie. “Les gens jugent un livre à sa couverture, écrivait-il. Nous pouvons avoir le meilleur produit du marché, la meilleur qualité, le meilleur système d’exploitation, etc., si nous les présentons d’une manière merdique, tout ça sera perçu comme de la merde. Si nous les présentons d’une façon créative et professionnelle, nous “incarnons” de fait ces qualités.”
  • Durant le restant de sa carrière, Jobs se souciera, parfois avec excès, de l’image de ses produits, poussant le souci du détail jusqu’au carton d’emballage : “ Quand on ouvre la boîte d’un iPhone ou d’un iPad, il faut que cette expérience tactile donne le ton, oriente déjà la façon dont le client va percevoir le produit. C’est Mike qui m’a appris ça.”
  • “La simplicité est la sophistication suprême.” Léonard de Vinci

Xerox et Lisa : Les interfaces graphiques

  • “Le meilleur moyen de prédire l’avenir c’est de l’inventer.” Alan Kay
  • “Tout développeur de logiciel digne de ce nom devrait concevoir aussi les machines qui vont avec.” Alan Kay
  • L’expédition au Xerox PARC est parfois décrite comme le plus grand vol industriel de l’histoire. Jobs l’assume avec fierté : “Il faut savoir prendre ce que l’homme fait de mieux et le refaçonner pour pouvoir l’intégrer dans votre propre oeuvre. Picasso avait une maxime pour ça : “Les bons artistes copient, les grands artistes volent.” Et à Apple, on n’a jamais eu de scrupules pour prendre aux meilleurs.” Steve Jobs
  • “La force de la naïveté. Ignorant que personne ne l’avait fait avant moi, j’étais persuadé que c’était faisable.” Atkinson
  • “Il tenait à ce que tout soit gracieux et agréable pour l’utilisateur.” Atkinson

Passer en bourse : Vers la gloire et la fortune

  • A l’âge de vingt-cinq and, Steve Jobs pesait désormais deux cent cinquant-six millions de dollars.
  • Comme son père, il pouvait se montrer âpre en affaires, mais il ne laissait jamais l’appât du gain prendre l’ascendant sur la qualité.
  • “Quand Steve Jobs parle, c’est avec l’enthousiasme de celui qui voit le futur et qui sait qu’il sera comme il le souhaite.” Le magazine Inc.

Le mac est né : Vous vouliez une révolution…

  • “Des ordinateurs par millions. Si les ordinateurs personnels deviennent vraiment personnels, alors il est probable que n’importe quelle famille, prise au hasard, en possédera au moins un.” Raskin
  • “Ne t’occupe pas du prix, concentre-toi sur les caractéristiques que devrait avoir une machine idéale.” Steve Jobs

Le champ de distorsion de la réalité : Imposer ses propres règles du jeu

  • Beaucoup de gens, certes, déforment la réalité. Pour Jobs, c’était le moyen d’arriver à ses fins. Wozniak, qui, à l’inverse de Jobs, avait l’honnêteté dans le sang, s’émerveillait de l’efficacité tactique de cette manoeuvre. “Steve usait de son CDR quand il devait soutenir des choses qui allaient contre tout bon sens, comme, par exemple, lorsqu’il m’a dit que je pouvais développer le premier jeu de casse-briques en moins d’une semaine. Je savais que c’était impossible, et pourtant il s’est débrouillé pour que cela se réalise.”
  • “Vous réalisiez l’impossible parce qu’il vous avait convaincu que vous pouviez le faire.” Debi Coleman
  • Cette effet de distorsion de la réalité puisait son énergie dans la volonté implacable de Jobs, qui croyait dur comme fer que les lois de l’univers ne s’appliquent pas à lui. Et souvent, les faits lui avaient donné raison. Dans son enfance, il avait souvent plié la réalité selon ses désirs. Mais la source première de cette croyance, c’était son caractère rebelle qui ne cessa de grandir en lui. Jobs était convaincu d’être différent du commun des mortels. Comme le raconte Hertzfeld : “Pour Steve, seules quelques personnes par siècle naissent avec quelque chose de plus que les autres, des gens comme Einstein, Gandhi, les gourous qu’il a rencontrés en Inde. Et Steve se compte dans le lot.
  • “L’esprit maintenant impose sa propre volonté et celui qui fut perdu pour le monde, conquiert à présent le monde.” Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche

Si la réalité ne pouvait se plier à sa volonté, Jobs l’oblitération, comme cela avait été le cas pour la naissance de sa fille Lisa et comme il le fer encore quand on lui annoncera son cancer. A l’instar de ses petites rébellions quotidiennes, comme de ne pas mettre la plaque d’immatriculation sur sa voiture ou de se garer sur les places réservées aux handicapés, Jobs vécut toute sa vie comme s’il n’était pas soumis aux mêmes règles que les autres, nu à la même réalité.

  • “Ne vas pas d’imaginer que parce qu’il te dit un jour qu’un truc est nul ou génial, ce sera encore le cas le lendemain. Si tu lui présentes une nouvelle idée, il dira d’abord que c’est de la merde. Et puis, si, en fait, il l’aime bien, une semaine plus tard, jour pour jour, il va débarquer dans ton bureau et te proposer exactement l’idée que tu lui as exposée — et comme si c’était la sienne !” Tribble
  • Atkinson me relata qu’un jour, Jobs avait fait irruption dans le bureau d’un développeur de l’équipe et avait sorti son habituel “c’est de la merde”. L’employé ne s’était pas laissé démonter et avait répondu, calmement : “Non, c’est très bien. C’est même le meilleur moyen de faire qui existe”, et il avait détaillé l’astuce technique qu’il avait trouvée. Jobs avait fait machine arrière. Atkinson, en effet, avait appris à son équipe à passer les paroles de Steve dans un traducteur avant de les compiler. “En réalité le “c’est de la merde” était une question et signifiait : “Explique-moi en quoi c’est le meilleur moyen de faire ça ?” Mais l’histoire eut un épilogue, qu’Atkinson jugeait tout aussi instructif. Le développeur, finalement, trouva le moyen d’améliorer encore le programme que Jobs avait critiqué. “Il avait réussi ça parce que Steve l’avait piqué au vif ! Ce qui prouve qu’il est bien de lui tenir tête mais qu’il faut l’écouter aussi, car Steve a le plus souvent raison.”
  • Un jour, Jobs débarqua dans le bureau de Larry Kenyon, le développeur du système d’exploitation du Macintosh, pour se plaindre que la machine prenait trop de temps à démarrer. Kenyon voulut lui exposer les raisons de cette lenteur mais Jobs l’interrompit. “Si ça pouvait sauver la vie d’une personne, est-ce que tu trouverais le moyen de gagner 10 secondes sur le temps de chargement ?” Kenyon concéda qu’il le pourrait probablement. Jobs l’entraîna vers un tableau blanc et lui montra que s’il y avait cinq millions d’utilisateurs Mac et s’il fallait à chacun dix secondes de moins pour le démarrer chaque matin, cela représentait environ cinq-millions d’heures gagnés par an, soit l’équivalent d’un demi-millénaire. “Larry fut impressionné, raconte Atkinson, et quelques semaines plus tard, il revint vers Steve. Il avait gagné vingt-huit secondes sur le temps de démarrage ! Steve n’avait pas son pareil pour motiver les gens en leur faisant voir plus loin, et plus grand.”
  • “On se disait : Si on doit faire quelque chose d’important au cours de notre existence, autant que ce soit beau.” Bud Tribble
  • “J’ai appris avec les années que lorsqu’on a des bons avec soi, on n’a pas besoin de les materner, me dira plus tard Jobs. Si l’on attend d’eux le meilleur, ils vous le donnent. L’équipe Mac du début m’a montré que les joueurs de première classe aiment jouer ensemble et détestent que vous n’exigiez pas d’eux des prodiges. Posez-leur la question. Tous vous diront que ça en valait la peine.”

Peut-être pas tous, mais la plupart…

“Il hurlait aux réunions “bande de nuls, vous faites de la merde !”, se souvient Debi Coleman. C’était comme ça tout le temps. Et pourtant je considère que travailler avec lui a été la grande chance de ma vie.”

Le design : Les vrais artistes simplifient

  • “Dieu est dans les détails” ;  “Le moins est le mieux”.
  • Pour Jobs, simplicité du design rimait avec simplicité d’emploi. Cette idée, cependant, n’allait pas toujours de soi. Parfois le design d’un produit pouvait être tellement épuré et minimaliste que l’utilisateur était intimidé, et n’osait pas s’en servir. “Nous devons montrer que l’utilisation de nos produits est intuitive et évidente, et ce doit être le message premier de notre design”, expliquait Jobs au parterre de créateurs. Il citait toujours la métaphore du bureau qu’il avait crée pour le Macintosh. “Tout le monde sait, intuitivement, comment s’y retrouver. Sur tous les bureaux de la planète c’est pareil : le document posé au-dessus des autre est le plus important. C’est ainsi qu’on organise les priorités. Si nous utilisons ce genre de métaphores pour nos ordinateurs, c’est parce que le commun des mortels en a déjà fait l’expérience.”
  • “Le véritable art invente l’esthétique, il ne la suit pas !” Jobs
  • Il lui avait fait admirer sa Mercedes sur le parking d’Apple. “Au fil des ans, ils sont parvenus à affiner les lignes et, en même temps, à accentuer les détails. C’est ça que nous devons faire pour le Macintosh.” Jobs
  • “Même si Steve n’a pas dessiné une ligne, ses idées et son influence ont fait du Mac ce qu’il est. Pour être honnête, avant que Steve nous l’explique, on ne savait pas comment un ordinateur pouvait être “sympathique”.” Oyama
  • A un moment donné, Atkinson et Susan lui reprochèrent de passer trop temps sur un détail tel que l’aspect des barres de titre, alors qu’il y avait encore tellement de points essentiels à régler. Jobs avait piqué une colère : “Imaginez que vous ayez ça tous les jours sous les yeux ! Ce n’est pas un détail. Au contraire ! C’est essentiel et il faut que ce soit parfait !”
  • Paul Jobs avait appris à son fils qu’un bon artisan apporte le même soin à toutes les parties de son travail, que celles-ci soient visibles ou non. Steve Jobs poussa ce précepte à l’extrême, jusqu’à peaufiner la disposition des puces et composants sur la carte mère — une pièce qu’aucun utilisateur ne verrait jamais. 

— Ce circuit est plutôt joli, mais regardez l’arrangement des mémoires. C’est ni fait ni à faire ! Elles sont bien trop rapprochées les unes des autres.

— mais la seule chose qui importe, c’est que ça fonctionne au mieux, répliqua un ingénieur. Personne ne va voir cette carte.

La réaction de Jobs était prévisible :

— Je veux que tout soit le plus élégant possible, même si c’est à l’intérieur de la caisse. Un menuisier digne de ce nom ne va pas utiliser du bois de mauvaise qualité pour faire le fond de son armoire !

  • “Quand un artisan réalise une jolie commode, il ne va pas mettre un bout de contreplaqué pour fermer le fond, même si cette partie est contre le mur et invisible C’est un histoire de conscience professionnelle. Vous, vous savez que cette planche est là. Si on veut dormir tranquille, avec la satisfaction du travail bien fait, il ne faut rien lâcher — l’esthétique et la qualité doivent être les maîtres mots jusqu’au bout.” Jobs
  • Mike Markkula, une autre figure paternelle de Jobs, avait apporté un corollaire à cette théorie de “la beauté cachée” : il fallait avoir le même souci esthétique pour la présentation et l’emballage du produit. Les gens jugeaient un livre à sa couverture. Il en était de même du carton du Macintosh. Jobs choisit donc un emballage de couleur et tenta de le rendre le plus attractif possible. “Il le fit refaire cinquante fois, raconte Alain Rossmann, un membre de l’équipe Mac qui épousa Joanna Hoffman/ La boîte était destinée à finir à la poubelle, mais Steve tenait à ce qu’elle soit belle.” Pour Rossmann, c’était exagéré ; une fortune était dépensée dans l’emballage, alors que les développeurs s’échinaient à faire des économies sur les puces. Mais du point de vue de Jobs, chaque détail était essentiel. Le Macintosh devait être extraordinaire, tant par ses fonctionnalités que par son aspect.

Lorsque le design définitif fut arrêté, Jobs rassembla toute l’équipe pour fêter l’événement. “Les artistes signent leur oeuvre”, déclara-t-il. Alors il sortit un feuille de papier millimétré, un feutre fin, et demanda à tous d’écrire leurs noms. Les signatures seraient gravées à l’intérieur de tous les Macintosh. Personne ne les verrais jamais, à l’exception des réparateurs. Mais tous les membres de l’équipe savaient que leurs noms étaient là, sur la face interne du boîtier, comme ils savaient que la carte mère à l’intérieur était d’une finition irréprochable. Jobs appela chaque membre, un par un, pour venir signer. Burrell Smith fut le premier. Jobs passa en dernier, après les quarante-cinq autres. Il trouva une petite place au milieu et écrivit son nom, tout en minuscules. Puis il leva sa coupe de champagne, Atkinson se souvient encore de cet instant : “A ce moment-là, nous savions que nous avions créé une oeuvre d’art.”

Fabriquer le Mac : Le voyage est la récompense

  • A l’inverse des autres fabricants, Jobs ne considérait pas que le client avait toujours raison. Il devait s’habituer à utiliser la souris. Et s’il refusait, c’était tant pis pour lui. C’était là un autre exemple de l’exigence de Jobs — la perfection de son produit passait avant la satisfaction immédiate du consommateur.
  • Le séminaire de septembre 1982 se passait au Pajaro Dunes dans les environs de Monterey. Une cinquantaine de personnes s’installèrent dans la salle à manger où trônait une grande cheminée. Jobs s’assit sur une table en face d’eux. Il parla tranquillement pendant un moment, puis marcha vers un tableau et commença à inscrire ses principes.

“Refuser tout compromis.”

“Mieux vaut dépasser que bâcler.”

“Rien n’est terminé tant que le produit n’est pas dans les cartons.”

“Le voyage est la récompense.”

  • “Chaque jour qui passe, le travail accompli par vous prépare une onde géante qui va ébranler tout l’univers. Je sais que je suis un peu difficile à vivre, mais je vis avec vous l’aventure la plus excitante de ma vie.” Jobs
  • Le séminaire suivant eut lieu en janvier 1983, au La Playa de Carmel, le mois où était sorti le Lisa.

“Les vrais artistes terminent leurs oeuvres.”

“Mieux vaut être pirate que de rejoindre la marine.”

Entrée en scène de Sculley : Le défi Pepsi

  • Pendant le déjeuner, Jobs picorait sa salade d’un air absent, mais quand Sculley déclara que la majorité des chefs d’entreprise considéraient que les ordinateurs posaient davantage de problèmes qu’ils n’en réglaient, le jeune patron se métamorphosa en prédicateur enflammé. “C’est justement ça que nous voulons changer — le rapport avec les ordinateurs !”
  • “Steve était plus un homme de spectacle qu’un homme d’affaires. Tous ses gestes étaient calculés, comme s’il avait répété, pour faire de ce moment une expérience unique.” Sculley
  • “On a tous droit à un court passage sur terre. On n’a pas trente-six occasions de réaliser quelque chose d’important. Personne ne sait combien de temps il a. Mais je sens que je dois accomplir au plus vite le maximum de choses.” Jobs

Le lancement : Changer le monde

  • Lorsque Jobs avait commencé à réfléchir, au printemps 1983, au lancement du Macintosh, il désirait avoir une publicité qui soit aussi révolutionnaire et inattendue que son produit. “Je veux que les gens s’arrêtent de marcher. Je veux un coup de tonnerre !”
  • Le jour où il a montré au monde le Macintosh, un journaliste du Popular Science lui demanda s’il avait fait une étude de marché. Et le père du Mac a répondu : “Vous pensez que Graham Bell a fait une étude de marché quand il a inventé le téléphone ?”

Icare : A monter trop haut…

  • “Quand je suis passé à l’usine, j’ai enfilé un gant blanc et j’ai vérifié la poussière. Il y en avait partout — sur les robots, sur les rayons, sur le sol ! Alors j’ai ordonné qu’on nettoie tout. Je voulais que l’on puisse manger par terre. Mais c’était trop pour Debi. Elle m’a répondu qu’elle ne voyait pas qui aurait envie de manger par terre dans une usine. Je suis resté sec sur le coup. J’avais été marqué par mes visites au Japon. Ce que j’admire chez eux, entre autres, c’est leur sens de la discipline et leur esprit de corps. Si nous n’avons pas la discipline pour garder cet endroit propre, nous ne l’aurons pas plus pour faire fonctionner ces machines de façon optimale.” Jobs
  • “Durant les trente premières années de la vie, l’homme se forge des habitudes, passé trente ans, ce sont les habitudes qui font l’homme.” Proverbe hindou
  • “La pensée construit des modèles comme une sorte d’échafaudage dans l’esprit. Ca creuse dans le cerveau de vrais chemin chimiques Dans la plupart des cas, les gens restent coincés dans ce modèle, comme l’aiguille d’un tourne-disque dans le sillon d’un disque vinyle. Et ils n’en sortent jamais.

Je resterai à jamais lié à Apple. J’espère que, toute ma vie, le fil de mon existence et celui d’Apple restent intimement mêlés, comme la trame d’une tapisserie. Je prendrai peut-être mes distances quelques années, mais je reviendrai toujours. Cet éloignement sera peut-être inévitable. je demeure un étudiant dans l’âme — c’est la clé de ma personnalité. Pour moi, je suis toujours sur le terrain d’entraînement.

Si on veut mener une vie créative, comme un artiste, il ne faut pas regarder en arrière. Il faut savoir tirer un trait sur ce qu’on était et ce qu’on a fait, et tout recommencer à zéro.

Plus le monde extérieur se fait une image précise de vous, plus il est difficile de continuer d’être un artiste ; c’est la raison pour laquelle, souvent, les créateurs tirent leur révérence : “Ciao tout le monde ! Je dois m’en aller. Je deviens fou. Il faut que prenne le large.” Et ils partent ; ils hibernent quelque part. Et ressortent un beau jour de leur tanière, un peu différents.” Jobs

  • Peut-être qu’aller en Europe l’aiderait à faire passer la pilule, se disait Jobs. En juin donc, il se rendit à Paris, où il donna une conférence à une Apple Expo et fut invité à un dîner donné en l’honneur du vice-président George Bush. Puis il partit pour l’Italie, avec Tina Redse, et visita la Toscane. Il acheta une bicyclette, fit de longues promenades en solitaire. A Florence, il admira l’architecture de la ville et la qualité des matériaux de construction. Il eut un coup de foudre pour les dalles au sol qui provenaient de la carrière II Casone des environs de Firenzuola. Les dalles étaient d’un gris bleuté particulièrement apaisant, à la fois élégant et chaleureux. Vingt ans plus tard, il ordonnera que les sols des Apple Store soient dallés avec ces pierres.

NeXT : Prométhée délivré

  • Le jeune patron appréciait ce genre d’attitude. Cela avait des résonances en lui . Alors il misa sur Rand. La société paierait la somme faramineuse de cent mille dollars pour avoir une seule proposition de logo; “Cette relation était très claire et saine, m’expliqua Jobs. Rand avait la pureté de l’artiste, mais il était intraitable en affaires. Il était d’un abord rugueux — un parfait grippe-sou à l’extérieur, mais un gros nounours à l’intérieur.” C’était l’une des grandes valeurs que l’ancienne icône d’Apple cherchait chez l’homme : la pureté de l’artiste.
  • Comme Markula le lui avait enseigné, on juge un livre à sa couverture et une grande entreprise devait imposer ses valeurs dès la première impression. En plus, le logo était vraiment réussi et sympathique.
  • Au centre de l’espace, il demanda à I.M. Pei de concevoir un grand escalier La construction était si aérienne qu’elle semblait flotter dans l’air. Le responsable du chantier assura que c’était impossible à construire. Mais Jobs insista et la prouesse fut réalisée. C’est ce même escalier que Jobs fera installer dans la plupart des Apple Store.
  • Jobs considérait qu’il était crucial, de temps en temps, de parier sur une nouvelle idée ou une nouvelle technologie — et alea jacta est ! C’était même l’un de ses grands principes d’entrepreneur. Lors du lancement du NeXT, il se vanta d’avoir fait le choix de la modernité (un choix qui se révélera cette fois catastrophique) : il avait misé sur le disque optique, une unité à très grande capacité de stockage (mais très lente), sans prévoir de lecteur de disquette pour les sauvegardes. “Nous avons découvert cette technologie révolutionnaire il y a deux ans et nous avons décidé de faire le choix du futur.” 

Puis il passa à une autre option technique qui, elle, fut plus judicieuse. “Avec le NeXT, nous avons créé le premier livre électronique”, annonça-t-il en faisant référence aux oeuvres complètes de Shakespeare des éditions Oxford et aux autres ouvrages inclus dans la machine. “C’est la plus grande invention dans le monde du livre depuis Gutenberg.”

  • Quand un journaliste lui demanda, juste après l’inauguration, pourquoi la machine accusait un tel retard, Jobs répondit : “Elle n’est pas en retard. Elle est en avance de cinq ans sur son temps !”

Pixar : Quand la technologie rencontre l’art

  • Lasser répondit qu’il ne faisait qu’un petit court-métrage, mais l’animateur lui rappela qu’on pouvait raconter une histoire m^^e en quinze secondes.
  • A un moment, l’équipe d’animation tenta de convaincre Intel de leur confier la réalisation de leurs publicités. Intel tergiversait et Jobs s’impatientait. Au cours d’une réunion, agacé par les demandes du directeur du marketing d’Intel, Jobs décrocha son téléphone et appela Andrew Grove, le P-DG, pour négocier directement avec lui. Grove décida de donner à Jobs une leçon d’humilité : “Je lui ai dit que mon employé avait toute autorité pour conclure l’affaire, conte-t-il avec amusement. Steve détestait être traité comme un simple fournisseur.”
  • L’association du talent artistique et de la technologie numérique pouvait, dans le domaine du film d’animation, être une révolution, un pas déterminant comme on n’en avait pas vu depuis 1937, date à laquelle Walt Disney avait réalisé Blanche-Neige.

Un homme comme les autres : Love is a four letter word

  • “Ce sont mes actes qui font ce que je suis.” Jobs
  • C’est la leçon du bouddhisme. Les possessions matérielles encombraient la vie plus qu’elles ne l’enrichissaient, disait-il. “Tous les P-DG que je connais ont des gardes du corps. Ils en ont même à demeure. Ce n’est pas une vie. Nous, on a décidé de ne pas imposer ça à nos enfants.”

Toy Story : Buzz et Woody à la rescousse

  • “C’est très amusant de réaliser l’impossible.” Walt Disney

La restauration : Car le perdant d’aujourd’hui sera le gagnant de demain…

  • Ce que son ego réclamait, c’était de laisser une trace dans l’histoire.

Un double legs : 

un : créer des produits innovants qui allaient bouleverser la vie des gens ;

deux : édifier une société pérenne qui lui survivrait. Il voulait sa place au panthéon des grands inventeurs du siècle en compagnie de Edwin Land, Bill Hewlett et David Packard — et si possible, juste un peu au-dessus/ Le meilleur moyen d’y parvenir, c’était de retourner chez Apple et et de réclamer son royaume.

  • Ils passèrent le reste du temps à parler de l’avenir d’Apple. Jobs voulait édifier une société qui lui survive et il lui demanda conseil. Markkula lui répondit que les sociétés qui perdurent sont celles qui savaient se renouveler. C’est ce qu’avait fait sans cesse Hewlett-Packard ; elle avait commencé par construire des instruments de mesure, puis des calculettes, puis des ordinateurs. “Apple a été évincé par Microsoft sur le marché des micro-ordinateurs, lui expliqua Markkula. Tu dois changer de cap, orienter Apple vers un autre produit. Tu dois être comme un papillon et accomplir ta métamorphose.” Jobs ne fut guère loquace, mais il retint la leçon.

Think different : Jobs, iPDG

  • Il fallait célébrer non pas les ordinateurs, mais les gens créatifs qui les utilisaient : “On ne voulait pas parler vitesse de processeurs ou capacité mémoire, m’expliqua Jobs, mais créativité. “ Cette campagne ne s’adressait pas seulement aux clients potentiels, mais aussi aux forces vives de la maison. “A Apple, nous nous étions perdus en chemin Pour se rappeler qui nous étions, il fallait se souvenir de nos héros. C’était là l’essence de cette campagne (Think Different).”
  • “Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents… Tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirer ou les désapprouver, les glorifier ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l’humanité/ Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent.”
  • “Si on utilise ma voix, les gens vont se dire que le texte parle de moi. Il ne faut pas. Il s’agit d’Apple.”
  • “On peut être fier de conduire telle ou telle voiture — une Porsche, une Ferrari, ou une Toyota Prius — parce qu’elle révèle qu’elle personne on est. L’alchimie est la même avec les produit Apple.” Ellison
  • “Ce que nous visons n’est pas du grand délire. Il s’agit simplement de revenir aux fondamentaux — de bons produits, une bon marketing et une bonne distribution. Apple s’est complètement égaré ces dernières années.” Jobs
  • “Il était suicidaire de laisser des entreprises fabriquer des copies merdiques de votre ordinateur et vous souffler des parts de marché.” Jobs
  • “Décider ce qu’on ne doit plus faire est aussi important que de décider quoi faire. C’est vrai pour le management des sociétés, c’est vrai aussi pour les produits.” Jobs
  • Au bout de quelques semaines, la coupe fut pleine. “Stop ! s’écria Jobs, lors d’une grande réunion de synthèse. On marche sur la tête!” Il prit un feutre, marcha vers le tableau blanc et dessina un carré à quatre cases. 

“Voilà ce dont nous avons besoin…” Il écrivit au-dessus de la première colonne “consommateur” et au-dessus de la seconde “pro”, et en regard des deux rangées “ “bureau” et “portable”. Ils avaient à présent quatre produits à fabriquer, un dans chaque case. Il y eut un grand silence dans la salle.

Il y eut le même silence quand Jobs présenta son projet en septembre devant le conseil d’administration. “Gil nous demandait de voter la fabrication de nouveaux produits à chaque réunion, raconte Woolard. Il soutenait que c’était essentiel. Et Steve débarque avec son carré à quatre cases en nous disant que c’était là-dessus qu’on devait se recentrer !” Au début, le conseil fit grise mine. “C’est risqué, convint Jobs, mais je vais m’arranger pour que ça marche.” Les administrateurs ne votèrent jamais la nouvelle stratégie. Mais Jobs était aux commandes et rien ne l’arrêtait.

  • Il fallait donc abandonner les productions annexes, telles que les imprimantes et les serveurs. En 1997, Apple commercialisait la StyleWriter, qui n’était rien d’autre qu’une Deskjet Hewlett-Packard avec un autre habillage. Et c’est HP qui en tirait les plus gros bénéfices, avec ses cartouches d’encre. “Je ne comprends pas, s’exclama Jobs lors d’une autre évaluation produit. Vous comptez en produire un million d’unités pour récolter quoi ? Des clopinettes ? C’est stupide !” Jobs sortit de la pièce et appela aussitôt la direction d’HP. “On oublie notre accord, déclara-t-il. Vous reprenez vos billes et on vous laisse le marché.” Il annonça ensuite au conseil qu’Apple abandonnait la production d’imprimantes. “Steve avait analysé la situation et arrêter la casse”, raconte Schiller.
  • Ce talent de Jobs pour prendre les problèmes à bras-le-corps sauva Apple. Durant sa première année d’exercice, il limogea plus de trois mille personnes, ce qui permit à la société de sortir de la zone rouge. Pendant l’année 1997, qui s’était terminée par la nomination de Jobs comme P-DG par intérim, Apple avait perdu plus d’un milliard de dollars. “Nous étions à trois mois de la faillite”, m’expliqua-t-il. En janvier 1998, lors de la nouvelle Macworld Expo de San Francisco, Jobs monta sur la scène ou Amelio s’était ridiculisé l’année précédente et exposa la nouvelle stratégie de la société. Et pour la première fois, il termina sa présentation par une phrase qui devint sa patte… “Ah… encore une petit chose…” Et cette fois la “petite chose” ce fut : “Pensez profits.” Quand il prononça ces mots, la foule lui fit une ovation. Après deux ans de pertes abyssales, Apple venant de faire un bon trimestre et d’engranger quarante-cinq millions de bénéfices. Pour l’année 1998, la société gagnera trois cent neuf millions de dollars. Jobs était de retour, et avec lui, Apple.

Principes de design : Le duo Jobs et Ive

  • “J’avais toujours été attiré par les objets fabriqués à la main. J’ai compris plus tard que c’était ça l’important, le soin et l’attention que l’on portait à la pièce. Rien ne me hérissait plus qu’un produit bâclé.” Ive
  • Jony Ive était un fan du designer allemand Dieter Rams, qui travaillait pour Braun. Le crédo de Rams : “Le moins est le mieux.”

Et Jobs et Ive s’attachaient toujours à simplifier leur projet. Depuis sa première brochure où il était écrit : “La simplicité est la sophistication suprême”, Jobs avait toujours tenté d’extraire la simplicité par la maîtrise de la complexité — non en l’ignorant. “Cela demande beaucoup de travail de relever tous les défis et de trouver des solutions élégantes.”

  • “Pourquoi disons-nous que la simplicité est une bonne chose ? Parce qu’on se doit de dominer nos produits. Apporter de l’ordre dans la complexité, c’est une manière d’être plus fort que le produit. La simplicité n’est pas seulement un effet visuel. Il ne s’agit pas de minimalisme ou d’une réduction de l’encombrement. Il s’agit d’aller jusqu’au coeur de la complexité. Pour trouver la vraie simplicité, il faut creuser profond. Par exemple, pour ne pas avoir de vis apparentes, on peut finir par avoir un produit totalement contourné et complexe. La solution, c’est de s’enfoncer jusqu’à l’essence même du produit avec, pour objectif, l’épure à tous les niveaux. Il faut repenser tout l’objet, ainsi que la façon dont on va le fabriquer. C’est par ce voyage jusqu’au centre du produit qu’on peut se débarrasser du superflu.” Ive
  • Jobs et Ive jugeaient qu’il devait y avoir une osmose parfait entre l’esthétique d’un produit, sa fonction et sa fabrication.

Ils en firent la démonstration lors d’un voyage en Europe. Les deux hommes furetaient dans le salon d’un cuisiniste. Ive repéra un magnifique couteau ; il le prit pour l’admirer, puis le reposa, d’un air chagrin. Jobs fit de même. “Il y avait une petite coulure de colle entre la lame et le manche”, m’expliqua Ive. La ligne du couteau était somptueuse, mais tout était gâché par une finition bâclée. “Personne n’aime qu’on lui rappelle que son couteau préféré  est assemblé avec de la vulgaire colle. Steve et moi , nous nous soucions de ce genre de détails qui ruinait la perfection d’un instrument, pervertissait son essence. Tous les deux nous voulions que nos produits soient purs et sans bavures d’aucune sorte.”

  • “Steve nous répétait que le design était la clé de notre réussite. Il devait être à l’origine de la conception, et non l’inverse.” Phil Schiller
  • Le bureau d’étude :

“Cette grande pièce est le seul endroit où sont regroupés tous les projets en cours. D’un seul coup d’oeil, on peut les voir dans leur ensemble. Quand Steve vient, il s’assoit à l’une de ces tables. Si on travaille sur un nouvel iPhone par exemple, il prend un tabouret et manipule toutes les versions, pour les sentir dans sa main., pour juger quel est le modèle qu’il préfère. Puis il passe aux autres tables, juste lui et moi, pour voir quelle direction prennent les autres produits. Ici, il a toute l’activité de l’entreprise sous les yeux, l’iPhone, l’iPad, l’iMac, les portables, toutes notre production. Cela l’aide à voir sur quoi se porte l’énergie de la société, et comment chaque produit s’inscrit dans un tout cohérent. Il s’interroge beaucoup : “Est-ce que sortir, ça a un sens ? Cela ne risque-t-il pas de déséquilibrer les reste de la production ?” Des questions comme ça. Ici, il voit chaque produit en relation avec les autres, ce qui est rare dans une grande société. En regardant ces maquettes sur les tables, il a sous les yeux le futur d’Apple pour les trois ans à venir.” Ive

  • Jobs se souvenait des paroles de Mike Markkula : les gens jugeaient un livre à sa couverture. Il fallait donc que tous les emballages d’Apple soient de magnifiques écrins annonçant le diamant de technologie qui se trouvait à l’intérieur. Qu’il s’agisse d’un iPod mini ou d’un MacBook Pro, tout consommateur Apple connaît cette émotion particulière quand il ouvre le paquet et découvre l’appareil à l’intérieur, présenté telle une oeuvre d’art. 

“Steve et moi passions beaucoup de temps sur la présentation. Il y a une émotion particulière quand on déballe un produit qu’on vient d’acheter.. Il faut créer un rituel, pour que ce moment soit inoubliable. La présentation, l’emballage, c’est du théâtre, c’est écrire une histoire.”

L’iMac : Hello (again)

  • “Je patine à l’endroit où le palet va être, et non là où il a été.” Wayne Gretzky (star de hockey)
  • Le patron d’Apple dut balayer les objections des spécialistes de la fabrication, Rubinstein en tête, qui opposaient les considérations pratiques et et financières aux choix esthétiques. Mais Jobs ne s’en laissait pas conter : “Les gars de la fab’ m’ont sorti trente-six raisons pour me prouver que c’était impossible à réaliser.”

— On va le faire quand même !

— Mais comment ?

— C’est votre problème. Je suis le P-DG et moi je pense que c’est faisable.

Ils n’étaient pas contents, pourtant ils trouvèrent une solution.

  • “Voilà à quoi ressemblent les ordinateurs d’aujourd’hui, fit-il tandis qu’une ribambelle d’unités centrales et de moniteurs beiges étaient projetés sur l’écran géant derrière lui. J’ai, aujourd’hui, l’immense privilège de vous montrer à quoi ils ressembleront désormais…” Jobs

Il souleva le tissu qui recouvrait la table au centre la scène et révéla le nouvel iMac.

  • “On dirait qu’il vient d’une autre planète, dit-il, déclenchant les rires de son auditoire. Une planète habitée par les meilleurs designers de l’univers.” Jobs
  • Ive créa peu après quatre nouvelles couleurs éclatantes, en plus du fameux bleu bondi. Proposer le même ordinateur en cinq couleurs représentait un défi de taille pour la fabrication, le catalogue et la distribution. Dans n’importe quelle autre entreprise, y compris l’Apple “avant-Jobs”, bon nombre d’études et de réunions auraient été nécessaires pour analyser les coûts et les bénéfices potentiels d’une telle initiative. Mais quand Jobs vit les nouvelles couleurs, il convoqua immédiatement tout le comité de direction au département design et déclara : “Nous allons fabriquer toutes ces couleurs !”

Après le départ du groupe, Ive se tourna vers son équipe avec incrédulité : “Dans la plupart des sociétés, il aurait fallu des mois pour prendre une décision pareille. Avec Steve, une demi-heure avait suffi.”

Jobs P-DG : Toujours aussi fou malgré les années

  • Son mantra (à Jobs) était : “Pas de dispersion.”
  • Cook réduisit le nombre de fournisseurs clés d’Apple de cent à vingt-quatre. Puis il les obligea à leur proposer de meilleurs tarifs pour rester dans le boucle, en persuada un grand nombre de venir s’implanter près des usines d’Apple et ferma dix des dix-neuf entrepôts de la compagnie. 

En minimisant l’espace réservé au stock, il diminua le stock lui-même.

  • En dépit de sa nature autocratique — Jobs ne se prosternait jamais devant l’autel du consensus —, le patron d’Apple s’était efforcé de forger un esprit de collaboration chez Apple. Maintes entreprises se félicitaient de ne pas sombrer dans la réunionite. Jobs, au contraire, en organisait à foison : réunion des cadres dirigeants tous les lundis, réunion de stratégie marketing tous les mercredis après-midi, et d’interminables réunions de suivi de production. 

Allergique aux PowerPoint et aux présentations formelles, il insistait pour que ses collaborateurs exposent leurs problèmes sous divers points de vue et selon les perspectives des différents départements.

Convaincu que la force d’Apple était sa capacité à imbriquer les parties dans un tout cohérent — du matériel au logiciel, en passant par les design et le contenu —, il voulait que tous les départements de la société travaillent de concert. Il employait des expressions telles que “étroite collaboration” et “ingénierie concurrentielle”. Au lieu d’un processus de développement où un produit passerait séquentiellement de l’ingénierie au design, et de la fabrication au marketing puis à la distribution, ces services collaboreraient simultanément. “Notre credo est de développer des produits tout en un, une approche qui nécessite une collaboration imbriqué.”

  • Ed Woolard, son mentor au conseil d’administration, le pressait depuis plus de deux ans d’abandonner le terme intérim accolé à son titre de P-DG. Non seulement Jobs refusait de s’engager, mais il déroutait tout le monde avec son salaire d’un dollar par an sans stock-options.

“Je touche cinquante cents pour ma présence, plaisantait-il, et cinquante cents pour mes performances.”

Les Apple Store : Genius Bar et grès de Florence

  • “S’ils voient nos produits, leur curiosité sera éveillée, et si nous parvenons à créer un espace suffisamment attractif pour les appâter, un lieu où nos produits sont bien exposés, nous aurons gagné !”

Johnson fit remarquer que la taille du magasin reflétait l’importance de la marque. “Apple est-elle une enseigne aussi importante que Gap ?” Quand Jobs lui répondit que Apple était bien plus important que Gap, Johnson déclara que ses magasins devraient en conséquence être plus grands. Le patron d’Apple reprit à son compte le principe de Mike Markkula : une bonne entreprise devait véhiculer ses valeurs et son image à tous les niveaux de son activité, du packaging au marketing. Johnson adorait l’idée, qui selon lui s’appliquait parfaitement aux magasins d’une société : “Le magasin sera l’expression physique de la puissance de la marque.”

  • Mickey Drexler donna un précieux conseil à Jobs : créer en secret un prototype de magasin près du campus Apple, le meubler entièrement, puis s’y rendre de temps à autre jusqu’à s’y sentir parfaitement à l’aise. Ainsi, les deux complices lou!rent un entrepôt vacant à Cupertino. Tous les jeudis, pendant six mois, ils organisèrent un brainstorming matinal, afin d’affiner leur philosophie de vente tout en déambulant dans le nouvel espace. C’était l’équivalent commercial du bureau d’études de Jony Ive, un havre de paix où Jobs, avec son approche visuelle, avait des idées inédites chaque fois qu’il voyait et touchait les nouvelles installations. “J’adore me promener seul dans cet endroit.”
  • Quand Drexler vint voir le magasin témoin pratiquement achevé, il émit quelques réserves. “Je trouvais que l’endroit était trop morcelé et trop encombré. Les nombreux détails décoratifs et les couleurs multiples étaient autant de distractions.” Selon lui, en entrant dans un boutique, un client devait être capable, d’un seul regard, d’en embrasser l’essence. Jobs était d’accord : la sobriété et l’absence de distractions visuelles étaient les clés de la réussite, pour un magasin comme pour un produit. “Enfin, il avait compris, dit Drexler. Sa vision était complète et il avait le contrôle total de son produit, de sa conception à sa mise en vente.”
  • En octobre 2000, alors que le projet touchait à sa fin, Johnson se réveilla au milieu de la nuit, saisi d’angoisse : ils s’étaient trompés sur un principe fondamental. Ils avaient organisé le magasin en fonction des principales gammes de produits d’Apple, avec des espaces différents pour le Power Mac, l’iMac, l’iBook et les PowerBook. Or Jobs avait commencé à développer un nouveau concept : l’ordinateur en tant que noyau de toutes les activités technologies. Autrement dit, votre ordinateur pouvait héberger vos vidéos comme vos photos — et peut-^^re aussi un jour votre musique, vos livres ou vos magazines. L’intuition nocturne de Johnson était que les Apple Store ne devraient pas s’agencer en fonction des quatre gammes d’ordinateurs, mais des désirs et des besoins des clients. “Par exemple, il devrait y avoir un vitrine vidéo avec divers Mac et PowerBook affichant iMovie, pour montrer à l’utilisateur comment importer des vidéos et les éditer.”

Johnson arriva au bureau très tôt le lendemain matin, et raconta à son patron la brusque révélation qu’il avait eue, à savoir qu’il fallait reconfigurer entièrement le magasin. Il avait eu vent des rumeurs concernant le tempérament tempétueux du patron, mais n’en avait jamais fait l’expérience  du moins jusque là. Car Jobs explosa : “Tu te rends compte de l’énormité de ce changement ? Je me tue à la tâche depuis six mois pour ce magasin et maintenant tu veux tout changer ?” Puis il se calma brusquement. “Je suis fatigué. Je ne sais pas si je peux recréer un magasin du tout au tout.”

Johnson était pétrifié. Au moment de partir pour la réunion prévue le jour même au magasin témoin, Jobs lui demanda de garder le silence — pas un mot, ni à lui ni à aucun membre de l’équipe. Le trajet en voiture de sept minutes se déroula donc dans un silence de plomb. Une fois à destination, le patron d’Apple avait terminé le traitement des nouvelles données. A la grande surprise de Johnson, il ouvrit la séance par le discours suivant : “Ron pense que nous allons dans la mauvaise direction. Le magasin devrait être agencé non pas autour des produits, mais des centres d’intérêt des clients.” Après une pause, il reprit : “Et vous savez quoi ? Il a raison.” Il leur annonça qu’ils allaient reprendre tout l’agencement même si cela devait repousser l’ouverture de la boutique de trois ou quatre mois. “Nous n’aurons qu’une seule chance de réussir”, conclut-il.

  • Jobs aimait à dire — comme l’illustrait cette anecdote — que tout projet réussi nécessitait, à un moment donné, de faire machine arrière. Pour chaque réalisation, il avait dû retravailler un élément qui s’était révélé imparfait. C’était arrivé avec Toy Story, quand le personnage de Woody était devenu antipathique, et à plusieurs occasions avec le Macintosh d’origine. “Si quelque chose ne fonctionne pas, on ne peut pas se contenter de l’ignorer ens e disant qu’on réglera le problème par la suite. Ca, c’est ce que fait la concurrence.”
  • “Comme c’était la pierre utilisée pour les trottoires de Florence, nous savions qu’elle résisterait à l’épreuve du temps.” Johnson
  • Autre caractéristique originale de Apple Store : le Genius Bar. Ron Johnson eut l’idée d’envoyer son équipe en repérage extérieur. Il avait demandé à chacun d’entre eux où il avait trouvé le meilleur service hôtelier. Presque tous évoquèrent leur agréable expérience au Four Seasons ou au Ritz-Carlton. Ils revinrent avec un concept d’accueil du client à mi-chemin entre une réception et un bar d’hôtel.

“Si la technologie permettait de nouvelles prouesses, Steve ne voulait pas rater le coche, expliquait Johnson. Il voulait toujours aller vers plus de minimalisme et de simplicité. Si on pouvait construire un cube de verre avec moins d’éléments, autant le faire — c’était mieux, plus épuré, et à la pointe de la technologie. Cela a toujours été son credo, pour ses produits comme pour ses magasins.”

Le foyer numérique : De l’iTunes à l’iPod

  • Jobs passait désormais la même diapositive à la fin de chaque présentation de produit : un panneau de signalisation indiquant l’intersection entre les rues “Art” et “Technologie”.
  • L’éclatement de la bulle Internet avait forcé d’autres sociétés technologiques à réduire leurs dépenses en matière d’innovation : “Alors que tout le monde coupait les crédits, nous avons décidé d’investir au coeur du déclin On allait dépenser de l’argent pour la recherche et le développement, inventer un tas de nouveaux trucs, pour qu’au moment de la reprise, on soit en tête de la course.” Débuta alors la plus grande décennie d’innovations d’une société des temps modernes.
  • Jobs comprit que ces parties — appareil électronique, ordinateur, logiciel, applications, FireWire — fonctionneraient d’autant mieux qu’elles seraient soigneusement imbriqués les unes aux autres. “C’était encore une fois la confirmation qu’il fallait maîtriser toute la chaîne.”

La beauté de ce projet, c’était qu’une seule entreprise était parfaitement positionnée pour fournir cette approche intégrée. Microsoft écrivait des logiciels, Dell et Compaq créaient du matériel, Sony produisait divers appareils électroniques, Adobe développait une foule d’applications. Mais seul Apple était capable de remplir toutes ces fonctions : matériel, logiciel, et système d’exploitation. “Nous assumons l’entière responsabilité de l’expérience de l’utilisateur, déclara Jobs au magazine Time. Nous pouvons leur offrir plus que les autres.”

  • La marque d’une société innovant n’était pas seulement sa capacité à être la première ç avoir de nouvelles idées. Elle devait aussi être capable de rattraper son retard et de damer le pion de ses concurrents.
  • Une fois le projet lancé, Jobs intervint quotidiennement. Sa principale exigence était : “Simplifiez !” Il allait sur chaque écran de l’interface utilisateur et lui faisait passer un test drastique : n’importe quelle chanson ou fonction devait être obtenue en trois clics. Rt ces mouvements devaient être intuitifs. S’il ne comprenait pas comment naviguer dans telle ou telle application ou qu’il lui fallait plus de trois clics, il se montrait implacable. “Parfois, se rappelle Fadell, on se triturait le cerveau sur un problème d’interface pendant des heures, on pensait avoir envisagé toutes les options, puis il arrivait et nous demandait : “Vous avez pensé à cela ?” Et alors on se disait tous : “Bon sang ! Bien sûr !” Il avait redéfini le problème selon une perspective inédite et la solution était apparue d’elle-même.”
  • L’une des intuitions clés de Jobs fut de décider que les multiples fonctions de l’iPod devraient être gérées par l’ordinateur, et non par le petit appareil.

“Pour rendre l’iPod vraiment simple d’utilisation — un point qui a fait l’objet de nombreux débats —, il fallait limiter les possibilités de l’appareil lui-même. Ses principales fonctionnalités seraient l’apanage d’iTunes, sur l’ordinateur. PAr exemple, des listes de lecture seraient réalisées sur iTunes, puis synchronisées sur l’iPod. Une idée controversée. Pourtant, le Rio et les autre baladeurs MP3 étaient de vrais casse-tête justement parce qu’ils étaient trop compliqués. Ils devraient réaliser des tâches complexes comme créer des listes de lecture, car elles n’étaient pas intégrées au lecteur de l’ordinateur. Donc, en possédant le logiciel iTunes et le baladeur iPod, on pouvait faire fonctionner les deux de pair, les rendre complémentaires, et ainsi supprimer la complexité inutile.”

  • “Le blanc n’est pas une couleur neutre Il est pur et silencieux. Voyant et discret en même temps.” Ive

L’iTunes Store : Je suis le joueur de flûte

  • “A mes débuts chez Apple, j’ai compris qu’on prospérait en créant de la propriété intellectuelle. Si les gens copiaient ou volaient nos logiciels, on allait couler. Si la propriété intellectuelle n’était pas protégée, on n’aurait aucun opportunité de créer des programmes et des designs innovants. Si elle disparaissait, les sociétés créatives disparaîtraient progressivement elles aussi, et ne renaîtraient jamais. Mais il y a une raison plus simple encore : voler est mal. Vous faites du mal aux autres. Et vous vous faites du mal à vous-mêmes.” Jobs
  • “Quand je suis allé chez Pixar, j’ai pris conscience d’un grand dilemme. Les sociétés technologiques ne comprennent pas la créativité. Elles n’apprécient pas la pensée intuitive, telle que le flair du responsable d’un label de musique pour choisir sur une centaine d’artistes les cinq susceptibles d’avoir du succès. Elles pensent que les artistes sont une bande de joyeux lurons affalés toute la journée sur des canapés, parce qu’elles n’ont pas vu combien les créatifs dans des endroits comme Pixar sont encadrés et disciplinés. D’un autre côté, les maisons de disques n’entendent rien à la technologie. Elles croient qu’il suffit d’engager quelques techniciens pour faire le boulot. Mais chacun son rôle. Si Apple se lançait dans la musique, on aurait des gars médiocres pour choisir les artistes, et inversement, les maisons de disques écoperaient de mauvais techniciens. Je suis l’une des rares personnes à savoir que la technologie requiert intuition et créativité que produire quelque chose d’artistique nécessite une réelle discipline.” Jobs
  • Sony incarnait le parfait contre-exemple d’Apple. La société disposait d’un département technologie qui fabriquait des produits élégants et d’un département musique avec des artistes de renom (notamment Bob Dylan). Mais comme chaque branche protégeait ses propres intérêts, l’entreprise dans son ensemble était incapable d’offrir un service global à ses clients.
  • “Avec l’âge, je perçois de mieux en mieux les motivations des gens. Zune était nul parce que les gens de Microsoft n’aiment pas vraiment la musique ou l’art, à l’inverse de nous. On a gagné parce qu’on aime sincèrement la musique. On a créé l’iPod pour nous-mêmes, et quand on fait quelque chose pour soi, sa famille ou ses amis, on le fait bien. Si vous n’aimez pas une chose, vous n’allez pas vous donner à fond ni passer vos week-ends dessus.” Jobs
  • Non, Sony ne pouvait pas faire mieux. Elle avait été pionnière dans le domaine du baladeur avec le Walkman. C’était une grande maison de disques, qui avait créé par le passé de superbes appareils électroniques. Sony avait toutes les cartes en main pour concurrence la stratégie d’intégration de Jobs. Alors pourquoi avait-elle échoué ? En partie parce que c’était une entreprise, comme AOL Time Warner, morcelée en départements, qui avaient chacun leurs propres objectifs. Atteindre un synergie en forçant plusieurs services à oeuvrer ensemble relevait souvent de l’utopie.

Jobs n’avait pas organisé Apple et services semi-autonomes. Il contrôlait ses équipes de très près et les incitait à travailler avec cohésion et flexibilité. “Aucun de nos départements n’a son propre compte de pertes et profits, précise Tim Cook. Nous n’avons qu’un seul compte pour toute la boite.”

  • L’une des règles d’or de Jobs était de ne pas avoir peur de se cannibaliser soi-même : “Si vous ne le faites pas, quelqu’un d’autre le fera à votre place !” Ainsi, même si l’iPhone risquait de nuire au succès de l’iPod, ou que l’iPad fasse baisser les ventes de Mac portables, cela ne l’arrêtait pas.

Music Man : La bande-son de sa vie

  • “Le boulot de l’art est de chasser la laideur.” Bono

Les amis de Pixar … et ses ennemis

  • Plus important que battre Fourmiz — même si c’était un défi plutôt stimulant —, Pixar devait prouver qu’il ne s’arrêterait pas en si bon chemin. 1001 pattes fit aussi bien que Toy Story, démontrant que leur premier succès n’avait pas été un coup de chance.

“L’un des écueils classiques dans le monde des affaires est le syndrome du deuxième produit, expliqua Jobs. Cela arrive quand on ne comprend pas la recette du succès de son premier produit. J’étais déjà passé par là chez Apple. Là, je savais que si on réussissait le deuxième film, c’était dans la poche.”

  • “A l’ère numérique, on est tenté de croire que les idées peuvent se développer au moyen d’e-mails ou de chats. C’est idiot ! La créativité émane de réunions spontanées, de discussions anecdotiques. Vous croisez quelqu’un, vous demandez aux uns et autre autres ce qu’ils ont, vous êtes interloqué et, bientôt, vous concoctez une flopée de nouveaux projets.” Jobs

Les Mac du XXIe siècles : Apple se démarque

  • “Quelle est l’intérêt d’un écran plat si on lui colle cette grosse masse dans le dos?” Jobs

Premier round : Memento mori

  • Alex Haley lui avait dit un jour que le meilleur moyen de commencer un discours était de dire : “Laissez-moi vous raconter une histoire…” Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires. C’est l’approche qu’adopta le P-DG d’Apple (pour son discours de remise des diplômes de Stanford en juin 2005) : Aujourd’hui, je vais vous raconter les trois histoires de ma vie. C’est tout. Rien d’autre . Juste trois histoires.”

La première racontait l’abandon de ses études au College Reed. “J’ai décidé de laisser tomber les cours qui me semblaient inutiles, et j’ai commencé à suivre ceux qui paraissaient plus intéressants.” Dans le second récit, il expliqua que son éviction d’Apple avait finalement été une bonne chose. “Le poids du succès avait été remplacé par la légèreté d’un nouveau départ, avec moins de certitudes sur le monde.” Les étudiants étaient particulièrement attentifs, en dépit de l’avion qui décrivait des cercles au-dessus de leurs têtes, avec une banderole les pressant de “recycler tout i-gaspillage”. Mais ce fut sa troisième histoire qui fascina réellement l’auditoire. Le récit du diagnostic de son cancer de la prise de conscience qu’il avait entraînée.

“Me rappeler que je serai bientôt mort a été un moteur essentiel pour m’aider à prendre les plus grandes décisions de ma vie. Parce que presque out — les attentes, la fierté, la peur de l’embarras ou de l’échec —, tout cela s’évanouit face à la mort… Et qu’il ne reste que ce qui compte vraiment. Se rappeler qu’on va mourir est le meilleur moyen d’éviter le piège qui consiste à croire qu’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Alors pourquoi ne pas écouter son coeur ?”

  • Dans la ferme communautaire de Robert Friedland, son boulot était de tailler les pommiers pour qu’ils soient plus productifs — il appliquait le même principe d’élagage chez Apple. Au lieu d’encourager chaque groupe à faire proliférer les gammes de produits à partir de considérations marketing, ou de laisser un millier d’idées fleurir, Jobs insistait pour qu’Apple se concentre sur deux ou trois priorités tout au plus. “Il n’a pas son pareil pour étouffer les bruits parasites autour de lui, commente Cook. Cela lui permet de se focaliser sur l’essentiel.”

L’iPhone : Trois produits révolutionnaires en un

  • Jobs était furieux (concernant le ROKR) : “J’en ai assez de traiter avec des entreprises stupides comme Motorola ! dit-il à Fadell lors d’une réunion produit sur l’iPod. Fabriquons-le nous-mêmes !” Il avait remarqué une chose étrange à propos des mobiles sur le marché : aucun n’était valable, exactement comme les lecteurs de musique auparavant. “On s’est assis autour d’une table et on a râlé contre nos portables. Trop compliqués, ils avaient des fonctions que personne ne savait utiliser, y compris le répertoire. C’était vraiment le Moyen-Âge !” L’avocat George Riley se rappelait qu’au cours d’une réunion où ils discutaient de sujets juridiques, leur patron, qui s’ennuyait ferme, s’était emparé de son mobile et leur avait démontré point par point qu’il avait l’impression d’avoir dans les mains une “grenouille décérébrée”. Ainsi, Jobs et son équipe étaient tout excités à l’idée de créer un téléphone qu’on aurait plaisir à utiliser. “C’était la meilleure des motivations”, m’a t-il confié par la suite.
  • Le concept de l’iPad fut imaginé avant la naissance de l’iPhone et influa sur son développement.
  • “Ce type (Bill Gates) me rabâchait que Microsoft allait changer la face du monde avec son logiciel de tablette et éliminer tous les notebooks, les ordinateur portables ultralégers ! Il prétendait même qu’Apple aurait besoin de la licence du logiciel Microsoft. Mais il se trompait dans son approche de l’objet. Il avait équipé son machin d’un stylet. Grossière erreur ! Si vous avez recours à un stylet, vous êtes fichu. C’était au moins la dixième fois qu’il me rebattait les oreilles avec son projet. J’étais tellement exaspéré qu’une fois de retour à la maison, je me suis dit : “ On va montrer à ces tocards ce qu’est une tablette digne de ce nom !” Jobs

Le lendemain, à son arrivée au bureau, Jobs rassembla son équipe et leur annonça : “Je veux réaliser une tablette électronique Sans clavier ni stylet..” Les utilisateur s’en serviraient simplement en touchant l’écran avec leurs doigts. L’écran devrait donc avoir une caractéristique dite “multi-tactile” (multi-touch), soit la capacité à reconnaître plusieurs points de contacts simultanés. “Alors, vous pouvez réaliser ça pour moi ?”

  • “Si ça marche sur un téléphone, ça marchera sur une tablette.” Jobs
  • “Nous sommes tous devenus des fans de nos propres produits.” Weeks

Deuxième round : La récidive

  • “Nous pensons que nous sommes sur cette terre pour fabriquer de grands produits et cela ne va pas changer. L’innovation est notre credo. Nous croyons à la simplicité, pas à la complexité. Nous pensons qu’il est nécessaire de posséder et contrôler les technologies de nos produits et que nous ne devons nous implanter que sur les marchés auxquels nous pouvons apporter une contribution significative. Nous rejetons des milliers de projets pour pouvoir nous concentrer sur quelques-uns qui nous semblent vraiment porteurs de sens. Nous croyons à la collaboration étroite et à la pollinisation croisée de nos groupes, grâce auxquelles nous innovons plus que quiconque. Enfin, nous exigeons l’excellence de la part de tous nos départements et nous avons l’honnêteté de reconnaître nos erreurs et le courage de changer. Et je crois que, quelles que soient les personnes en poste, ces valeurs sont si profondément ancrées dans notre société qu’Apple s’en sortira très bien.” Tim Cook

L’iPad : L’ère post-PC

  • “Jobs a cette incroyable capacité à inventer des gadgets dont on n’a pas besoin et sans lesquels, brusquement, on ne peut plus vivre. Un système clos est le seul moyen de délivrer cette expérience techno-zen qui fait aujourd’hui la notoriété d’Apple.“ Daniel Lyons
  • Jobs fut ému par une histoire que lui relata Michael Noer, de Forbes.com. Noer lisait un roman de science-fiction sur son iPad pendant son séjour dans une laiterie, au coeur d’une région rurale au nord de Bogota, en Colombie, quand un gamin pauvre âgé de six ans chargé de nettoyer les étables s’approcha de lui. Curieux, l’homme lui tendit la tablette. Le garçon, qui n’avait jamais vu d’ordinateur, l’utilisa intuitivement. Il se mit à balayer l’écran, lancer des applications, et même jouer à un jeu. “Jobs a conçu un ordinateur si puissant qu’un enfant illettré de six ans peut le manipuler sans aucun indication, écrivit Noer. Si ce n’est pas de la magie, ça ?!”

Vers l’infini : Le nuage, le vaisseau spatial, et au-delà

  • “Il est inscrit dans les gènes d’Apple que la technologie à elle seule ne suffit pas. Nous pensons que c’est le mariage entre la technologie et les arts, la technologie et les sciences humaines, qui donne naissance à des produits capables de faire chanter notre coeur.” Jobs

Troisième round : Dernier combat au crépuscule

  • “Les plus grandes innovations du XXIe siècle seront selon moi au carrefour de la biologie et de la technologie. Une nouvelle ère commence, comme l’ère numérique débutait dans ma jeunesse.” Jobs
  • “Tant que les syndicats d’enseignants ne seraient pas brisés, il n’y avait pratiquement aucune chance de réformer l’éducation. Les professeurs devraient être traités comme des cadres, plaidait-il, et non comme des OS d’une chaîne de montage. Les proviseurs devraient être autorisés à les renvoyer en cas de mauvaises performances. L’école devrait rester ouverte jusqu’à au moins 18 heures et l’année scolaire s’étendre sur onze mois de l’année. Il était absurde, ajouta-il, que le système éducatif américain repose encore sur le modèle suranné de professeurs debout devant leur tableau noir avec à la main leurs manuels scolaires. Tous les livres, les supports d’apprentissage et les évaluations auraient désormais intérêt à être numériques, interactifs, et adaptés à chaque élève pour lui fournir un retour en temps réel.” Jobs
  • Jobs aborda le sujet de l’enseignement et Gates lui dépeignit sa vision des écoles du futur, avec des élèves qui visionneraient des cours et des leçons vidéo par eux-mêmes tandis que le temps de classe serait consacré aux débats et aux résolutions des problèmes. Tous deux s’accordaient à penser que les ordinateurs n’avaient eu jusqu’ici que très peu d’impact sur les écoles — bien moins que sur d’autres champs de la société comme les médias, la médecine ou les administrations. Pour changer cela, dit Gates, les ordinateurs et les appareils portables devaient proposer aux écoliers des leçons personnalisées et être des outils stimulant la curiosité et la motivation.

Héritage : “Jusqu’au ciel le plus brillant de l’invention”

  • L’intensité de Jobs était tout aussi apparente dans sa capacité à se concentrer. Il établissait les priorités, rivait son attention aiguisée dessus, et évacuait toute distraction. Si un sujet l’intéressait — l’interface utilisateur du Macintosh originel, le design de l’iPod ou de l’iPhone, l’intégration des maisons de disques dans l’iTunes Store — il s’y consacrait corps et âme. Mais tout ce qui risquait de perturber sa concentration } un problème juridique, une difficulté professionnelle, le diagnostic de son cancer, un ennui familial —, il l’ignorait résolument. Cette faculté de discernement lui permettait de faire des choix radicaux et de dire non au superflu. Il avait remis Apple sur les rails en balayant tout, excepté quelques produits clés. Il créa des appareils plus simples en éliminant des boutons, des logiciels plus fluides en réduisant les caractéristiques et des interfaces plus minimalistes en supprimant des options.

Ce discernement et son amour de la simplicité provenaient selon lui de son apprentissage zen. Cette expérience avait affûté son intuition, lui avait appris à se débarrasser de toute distraction ou élément inutile, et fait naître en lui un sens esthétique fondé sur le minimalisme.

  • “Mon boulot est de dire quand quelque chose est nul, au lieu de minimiser le problème.” Une attitude qui faisait de lui un être charismatique et brillant, mais aussi parfois, pour utiliser ses propres termes, “un sale con”.
  • Cette facette sombre de sa personnalité n’était pas indispensable. Elle le desservait plus qu’autre chose. Même si, dans certains cas, elle lui avait permis d’atteindre ses objectifs. Les dirigeants polis et doucereux, qui évitent de vexer les gens, ne sont généralement pas doués pour imposer de grands changements. 

Des dizaines d’employés victimes des foudres de Jobs terminaient leur litanie d’horribles histoires en déclarant qu’il les avait poussés à accomplir des prouesses qui défiaient leur propre imagination.

  • La saga de Steve Jobs incarne le mythe de la Silicon Valley : le lancement d’une petite société dans le garage proverbial pour aboutir à l’édification d’un empire technologique. Jobs n’était pas un inventeur au sens strict, mais un maître pour mêler idées, art et technologie et ainsi “inventer” le futur.

Il avait conçu le Mac parce qu’il avait compris le potentiel des interfaces graphiques — ce que Xerox avait été incapable de faire — et il avait créé l’iPod parce qu’il avait envie d’avoir mille chansons dans sa poche — ce que Sony, malgré tous ses atouts et son héritage, n’avait pu accomplir. Certains entrepreneurs innovent parce qu’ils ont une vision globale, d’autres parce qu’ils maîtrisent les détails Jobs faisait les deux, sans discontinuer. Résultat, il lança une série de produits durant ces trois dernières décennies, qui ont révolutionné des industries entières.

  • “Ma passion a été de bâtir une entreprise pérenne, où les gens étaient motivés pour fabriquer de formidables produits. Tout le reste était secondaire. Bien sûr, c’était génial de raliser des profits, parce que cela nous permettait de créer de bons produits. Mais la motivation est le produit, non le profit. John Sculley avait inversé ces priorités, se donnant pour objectif de gagner de l’argent. La différence est subtile, mais au final elle est cruciale, car elle définit tout : les gens qu’on embauche, ceux qu’on promeut, les sujets abordés en réunion.” Jobs
  • “Certains disent : “Donnez au client ce qu’il souhaite.” Ce n’est pas mon approche. Notre rôle est de devancer leurs désirs. Je crois que Henry Ford a dit un jour : “Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils désiraient, ils m’auraient répondu : “Un cheval plus rapide !”” Les gens ne savent pas ce qu’ils veulent tant qu’ils ne l’ont pas sous les yeux. Voilà pourquoi je ne m’appuie jamais sur les études de marché. Notre tâche est de lire ce qui n’est pas encore écrit sur la page.” Jobs
  • “Edwin Land, l’inventeur du Polaroid, parlait de l’intersection entre les arts et les sciences. J’aime ce point de jonction. Il a une aura magique. De nombreuses personnes créent des innovations — ce n’est donc pas ce qu’il y a de plus marquant dans ma carrière. Si Apple interpelle les gens, c’est parce que notre innovation recèle une grande part d’humanité. Je pense que les grands artistes et les grands ingénieurs se ressemblent : tous deux ont le désir de s’exprimer. En fait, parmi les meilleurs éléments de l’équipe du premier Macintosh, certains étaient aussi des poètes ou des musiciens. Dans les années 1970, les ordinateurs sont devenus un moyen pour les gens d’exprimer leur créativité. D’immenses artistes tels que Léonard de Vinci ou Michel-Ange étaient aussi de grands scientifiques. Michel-Ange savait tailler des pierres, pas seulement les sculpter.” Jobs
  • “Les gens nous paient pour intégrer les éléments à leur place, car ils n’ont pas le temps de penser à ce genre de choses. Si vous êtes passionnés par la réalisation de fabuleux appareils, vous vous sentez obligés de prôner l’intégration, de connecter matériel, logiciel et gestion de contenus. Si vous ouvrez vos produits à d’autres matériels et logiciels, vous devez abandonner une partie de votre vision.” Jobs
  • “J’ai ma propre théorie pour expliquer le déclin de société telles qu’IBM ou Microsoft. L’entreprise fait du bon boulot, innove et en arrive au monopole ou presque dans certains domaines. C’est alors que la qualité du produit perd de son importance. La société encense les bons commerciaux, car ce sont eux qui peuvent augmenter significativement les revenus, pas les ingénieurs ni les designers. Ainsi, les commerciaux ont fini par prendre le rôle de la boîte; John Akers, chez IBM, était un commercial intelligent, éloquent, fantastique, mais il ne connaissait rien aux produits. La même chose est arrivé chez Xerox. Quand les commerciaux dirigent la boîte, les types des produits ne s’investissent plus autant et une grande partie d’entre eux abandonnent carrément la partie. C’est ce qui arrivé quand Sculley a pris les rênes d’Apple — par ma faute — et le même scénario s’est produit lorsque Ballmer a pris le pouvoir chez Microsoft. Apple a eu de la chance et a rebondi, mais je pense que rien ne changera chez Microsoft tant que Ballmer sera aux commandes.” Jobs
  • “Je ne crois pas être trop dur envers les gens. Mais si leur travail est nul, je leur dis en face. Mon rôle est d’être honnête. Je sais de quoi je parle et souvent, il s’avère que j’ai raison. Voilà la culture que je me suis efforcé d’imposer. Chez Apple, nous cultivons l’honnêteté brute : n’importe qui peut me dire que je fais n’importe quoi et vice versa. Et si on en vient à se jeter des arguments à la figure et à se hurler dessus, tant mieux ! J’adore ces moments-là. Je me sens tout à fait à l’aise pour dire : “Ron, ce magasin est nul est à chier” devant tout le monde. Ou “Nom de Dieu, on a complètement merdé sur ce coup là”, face à la personne responsable. C’est une qualité indispensable pour être de la partie : il faut être capable de dire le fond de sa pensée. Peut-être qu’il y a l’art et la manière de l’exprimer, un club de gentlemen en costume-cravate qui parlent cette langue de brahmane, avec des mots de velours, mais ce n’est pas mon style. Parce que je viens de la classe moyenne californienne.” Jobs
  • “J’ai été dur avec certaines personnes, sans doute plus que nécessaire. Je me rappelle la fois où j’étais rentré chez moi — Reed avait six ans — et que je venais juste de renvoyer un type. J’imaginais combien ce serait difficile pour lui d’annoncer à sa famille et à son jeune fils qu’il avait perdu son job. C’était rude. Mais quelqu’un devait faire le sale boulot. C’était mon rôle de m’assurer que l’équipe soit excellente, car personne d’autre ne l’aurait fait à ma place.” Jobs
  • “Il ne faut jamais cesser d’innover. Bob Dylan aurait pu chanter des chansons engagées éternellement et certainement gagner beaucoup d’argent, mais il ne l’a pas fait. Il a continué à évoluer et, quand il a adopté la guitare électrique en 1965, il s’est mis à dos un tas de gens. Sa tournée en Europe de 1966 était fantastique. Il est monté sur scène et a joué un set avec sa guitare acoustique, que le public a adoré. Puis avec les musiciens du futur The Band, ils ont joué un set de pure guitare électrique qui leur a valu de se faire parfois huer. Un soir, il s’apprêtait à chanter “Like A Rolling Stone”, quand quelqu’un dans le public s’est écrié : “Judas !” Dylan a alors dit à ses musiciens : “On envoie à fond !” Et le groupe s’était lâché. Les Beatles avaient le même tempérament. Toujours en train de faire évoluer leur art, de le déplacer, de l’affiner. 

Moi aussi, c’est ce que je me suis efforcé de faire — toujours aller de l’avant. Sinon comme le dit Dylan, si vous n’êtes pas en train de naître, vous êtes en train de mourir.” Jobs

  • “Quelles étaient mes motivations ? Je pense que la plupart des gens créatifs veulent remercier leurs prédécesseurs de l’héritage qu’ils leur ont laissé. Je n’ai pas inventé le langage ou les mathématiques dont je me sers. Je ne produis que très peu de ma nourriture et ne fabrique aucun de mes vêtements. Tout ce que je fais dépend d’autres membre de notre espèce. Beaucoup d’entre nous se sentent redevables de leurs semblables et veulent ajouter leur pierre à l’édifice de l’humanité. Chacun tente de s’exprimer avec se propres moyens — parce que nous ne pouvons pas tous écrire les chanson de Bob Dylan ou les pièces de Tom Stoppard. Nous nous efforçons d’exploiter nos talents pour exprimer nos sentiments profonds, pour remercier nos prédécesseurs de leurs contributions et pour apporter notre obole au flux du monde?” Jobs

Si vous souhaitez l’acheter pour le lire en entier, cliquez sur le lien ci-dessous (il vous redirigera vers Amazon et me permettra de gagner un pourcentage de votre achat si vous passez par mon lien) : Steve Jobs, Walter Isaacson

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :