Le malaise dans la civilisation, Sigmund Freud

Ci-dessous, retrouvez les citations et passages que j’ai trouvé le plus intéressant du livre Le malaise dans la civilisation, du fondateur de la psychanalyse, Sigmund Freud.

Bonne lecture !

  • On décidera sans grand risque d’erreur que l’idée d’une finalité de la vie ne fait qu’un avec le système religieux.
  • Nous nous tournons donc vers la question moin ambitieuse de savoir ce que les hommes eux-mêmes révèlent, par leur comportement, comme étant le but de leur vie et l’intention qui y préside : ce qu’ils demandent à la vie, ce qu’ils entendent y atteindre. Il n’est guère possible de se tromper de réponse : ils aspirent au bonheur, ils veulent devenir heureux et le rester. Cette aspiration a deux côtés, un but positif et un négatif, elle veut d’une part l’absence de souffrance et de déplaisir, de l’autre l’expérience de forts sentiments de plaisir.

Au sens plus restreint, le mot “bonheur” n’est appliqué qu’à cette expérience. En fonction de cette double répartition des buts, l’activité des hommes se déploie dans deux directions selon qu’elle cherche à réaliser — l’un ou l’autre de ces buts.

  • C’est le programme du principe de plaisir qui fixe la finalité de la vie.
  • Ce principe régit le fonctionnement de l’appareil psychique depuis le début ; son efficacité ne fait aucun doute, et pourtant son programme est en conflit avec le monde entier, avec le macrocosme comme avec le microcosme. Il n’est absolument pas applicable, tous les ordonnancements de l’univers vont à son encontre ; on dirait volontiers que l’intention humaine d’être “heureux” ne figure pas dans le plan de la “création”.
  • Nous sommes ainsi faits que nous ne pouvons jouir intensément que du contraste, et très peu d’un état.
  • Il y a beaucoup moins de difficultés à faire l’expérience du malheur. La souffrance menace de trois côtés : de notre propre corps, destiné à la déchéance et à la décomposition, et qui même ne saurait se passer de la douleur et de l’angoisse comme signaux d’alarme ; du monde extérieur, capable de se déchaîner contre nous avec des forces énormes, implacables et destructrices ; et enfin des relations avec d’autres êtres humains. La souffrance provenant de cette dernière source, nous l’éprouvons peut-être plus douloureusement que toute autre ; nous avons tendance à y voir une sorte de surcroît sans nécessité, bien qu’elle ne soit sans doute pas moins fatalement inévitable que les souffrances d’autres origines.
  • Un autre procédé s’y prend de façon plus énergique et radicale : il voit dans le réel l’ennemi unique, la source de toute souffrance, on ne saurait vivre avec lui, il faut donc rompre toute relation avec lui si l’on veut être heureux en quelque sens que ce soit. L’ermite tourne le dos à ce monde, il ne veut rien avoir à faire avec lui. Mais on peut en faire davantage, on peut vouloir le refaire, en construire à sa place un autre où les traits insupportables seront éliminés et remplacés par d’autres allant dans le sens des désirs que l’on a. Celui qui, dans une rébellion désespéré, emprunte ce chemin vers le bonheur n’aboutira généralement à rien ; la réalité est trop forte pour lui. Il devient un dément et, la plupart du temps, ne trouve pas d’auxiliaires pour faire adopter sa vision démente. Mais on prétend que, sur tel ou tel point, chacun d’entre nous se comporte un peu comme le paranoïaque, corrigeant par une création de son désir un aspect déplaisant du monde et incorporant au réel cette vision démente. Revêt une importance particulière le cas où un grand nombre d’êtres humains tentent, en commun, de se créer une assurance de bonheur et une protection contre la souffrance par la transformation démente de la réalité. Une telle démence de masse caractérise aussi nécessairement les religions de l’humanité. Cette démence n’est naturellement jamais perçue par qui la partage encore lui-même.
  • Il n’y a pas là de conseil valable pour tout le monde ; chacun doit essayer lui-même de quelle façon il peut faire son salut. Les facteurs les plus divers se feront valoir pour orienter son choix. Cela dépend de la part de satisfaction réelle qu’il doit attendre du monde extérieur, et de la mesure dans laquelle il est incité à s’en rendre indépendant ; enfin aussi, des forces qu’il pense avoir pour le changer selon ses désirs.
  • La religion bat en brèche ce jeu des choix et adaptations, en ceci qu’elle impose à tous identiquement sa propre voie vers l’obtention du bonheur et la protection contre la souffrance. Sa technique consiste à dévaloriser la vie et à défigurer de manière démente l’image du monde réel, ce qui suppose d’abord d’intimider l’intelligence. A ce prix, en ancrant de force un infantilisme psychique et en incorporant dans une démence de masse, la religion réussit à épargner à beaucoup de gens la névrose individuelle. Mais guère davantage ; il existe, nous l’avons dit, bien des chemins qui peuvent mener au bonheur tel qu’il est accessible aux êtres humains, mais aucun qui y conduise à coup sûr. La religion non plus ne peut pas tenir ses promesses. Quand le fidèle se voit finalement contraint de parler des “desseins impénétrables” de Dieu, il avoue par là que ce qui lui est resté dans la souffrance, comme ultime possibilité de réconfort et source de plaisirs, c’est uniquement la soumission inconditionnelle Et s’il est prêt à la subir, il aurait vraisemblement pu s’épargner le détour.
  • Les trois sources d’où provient notre souffrance : l’écrasante puissance de la nature, la fragilité de notre propre corps et l’insuffisance des dispositions qui règlent les rapports des hommes entre eux au sein de la famille, de l’Etat et de la société.
  • Le mot “civilisation” désigne la somme des actions et des dispositifs dans lesquels notre vie s’écarte de celle de nos ancêtres animaux et qui servent deux fins : protéger l’être humain contre la nature et régler les relations des hommes entre eux.
  • Que la civilisation ne se soucie pas uniquement d’utilité, c’est ce que montre déjà l’exemple de la beauté, que nous tenons à compter parmi les intérêts de la civilisation.

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